• Confinés mais pas éloignés

    Voilà une semaine que nous sommes obligés de vivre confinés, distants les uns des autres avec des nouvelles alarmantes du monde.

    Vous avez été plusieurs à me témoigner votre envie (ou besoin) de continuer néanmoins votre pratique du yoga. Vous avez raison : dans cette situation anxiogène, IL FAUT continuer.

    Certains m’ont dit avoir de la difficulté à le faire seuls et à comprendre une séance retranscrite par "les petits bonhommes" à la façon de Desikachar.

    Je me suis heurtée à des problèmes techniques qui dépassent le matériel dont je dispose et mes propres connaissances en matière de vidéo. Je tenterai aussi des séances audio...

    Pour ceux qui s'en sortent avec mes petits dessins, je ne renonce pas à ce moyen de diffuser mes propositions.

    Dans tous les cas, pardonnez-moi, l’amateurisme du résultat…

     

  • Kurma et Meru dans la mythologie hindoue : le mythe du barattage de l’océan de lait

    À l’origine de l’Univers, alors qu’ils étaient de simples mortels, les Deva (dieux) et les Asura (démons) étaient en lutte pour la maîtrise du Monde. Ils unirent leurs forces pour baratter l’océan de lait et ainsi en extraire le nectar d’immortalité (Amrita).

    Kurma et MeruDans cette entreprise de barattage de l’océan de lait, Vishnu, le préservateur de l’Univers, se mit à leur service. Il se présenta à eux sous la forme de son avatar Kurma (la tortue) et leur fit don de ses qualités de fermeté et de stabilité par l’offrande de sa carapace comme support et pivot sur lequel poser le mont Meru qui constitua la baratte tandis que Vasuki, le roi des serpents, consentit à enrouler son corps autour de la montagne, tel une corde.

    Ainsi, en tirant de part et d’autre les extrémités du serpent, les Deva d’un côté, les Asura de l’autre, actionnèrent le mouvement du mont Meru. Et c’est grâce à son ferme mais libre établissement sur Kurma que Meru pût transmettre son énergie de transformation à l’océan de lait sans dévier de son axe et sans épuiser ses ressources.

    Après mille ans d’efforts, grâce à l’alliance entre Kurma et Meru, le barattage de l’océan produisit de fabuleux trésors, en particulier Amrita (le nectar d’immortalité) et Kâlakûta (le poison)…

    Le poison était si puissant qu'il avait le pouvoir de détruire l'Univers entier. L’apparition du poison conduisit les Deva à une prise de conscience fondamentale : leur détermination à acquérir le pouvoir d’immortalité les avait mis en danger et risquait de détruire l’Univers qu’ils désiraient pourtant préserver.

    Désemparés, ils s’en remirent au Seigneur Shiva qui, par amour pour le Monde, aspira le poison sans l’avaler. Toute la nuit, Shiva lutta contre le sommeil pour conserver le poison dans sa gorge sans risquer de l’ingérer. Et pour le maintenir éveillé, les Deva passèrent toute la nuit à chanter et à danser. C’est à l’issue de cette nuit que le poison se transforma et Shiva pu aller le recracher dans une grotte, à l’abri des regard. Afin que les dieux se souviennent du risque que leur orgueil avait fait courir à l’Univers, la gorge de Shiva devint bleue.

    Les Deva se consacrèrent alors à la préservation de l’ordre du Monde mais ils abandonnèrent leur intention de le faire dans une quête de pouvoir et c’est justement parce qu’ils renoncèrent à ce dessein égoïste qu’ils obtinrent L’immortalité. Ne pouvant plus être vaincus, ils précipitèrent les démons aux enfers.

    Kurma et Meru dans le yoga : une relation au service de la posture

    Kurma, dans le contexte d’une posture, évoque le concept de socle, de support, d’ancrage à la terre.

    Meru évoque celui de mouvement et du redressement vers le ciel. C’est le symbole de l’axe vertébral, à partir duquel prend naissance le mouvement physique (flexion, extension, torsion, contraction, étirement) et le mouvement respiratoire (inspiration, expiration, suspensions du souffle) et enfin le mouvement énergétique…

    La relation entre socle et mouvement est sans cesse présente en yoga. La maîtrise de la relation Kurma-Meru pendant la pratique permet notamment d’ajuster au mieux effort et relâchement afin d’être installé dans la posture avec fermeté (Sthira) et aisance (Sukha) (« Sthirasukhamâsanam », Yoga-Sutra, II.46) : « fermement établi dans un espace heureux » (Gérard Blitz). La relation harmonieuse entre Kurma et Meru assure la sécurité de l’ancrage sans que celui-ci n’alourdisse ou ne crée des tensions et procure la liberté du mouvement sans que celui-ci ne perturbe ou ne disperse.

    Séance posturale (1'07)

    Je vous propose une séance autour de kurmasana (la posture de la tortue) avec un bhavana autour de la relation entre Kurma (le socle) et Meru (l'action) pour vivre les postures fermement établi (sthira) dans un espace heureux (sukham).

    Cette séance est diffusée au début de la 8ème semaine de confinement et vient après de multiples séances où j'ai favorisé l'ouverture de l'avant du corps et la région du cœur (dans la séance sur l'immunité, celle du printemps, celle de Marcel avec le poisson...). Je souhaitai vous amener à expérimenter et à méditer, avant le déconfinement, sur ces concepts de socle, d'action, de relation entre les 2, de silence et de lenteur.

    Bonne pratique à tous.

    Pour visualiser la séance en vidéo : Cliquez ici

     Pour imprimer la séance papier : Télécharger « pratique.pdf »

     

     


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  • Le confinement, pour beaucoup d'entre nous, s'accompagne du télé-travail et par conséquent d'une assise prolongée devant nos ordinateurs. Je sais que parmi vous, il y a aussi des personnes  dont c'est le lot quotidien car elles travaillent dans le secteur administratif.

    Le beau temps et la saison invitent également les chanceux qui ont un jardin à bêcher, désherber et planter.

    Toutes ces activités peuvent entraîner des maux de dos, à tous les étages et plus souvent des lombalgies.

    Je vous propose donc une séance toute douce, à faire de préférence le soir, "à l'écoute du dos".

    Préparez avant de vous installer une chaise près de vous. La séance durera 1h10.

    Bonne pratique.

    Pour visualiser la séance en vidéo : Cliquez ici


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  • Marcel nous propose une séance d'1h15 dont le point culminant est la chandelle. En sanskrit sarvangasasana signifie littéralement la posture du corps entier avec support. C'est une posture de flexion avant intense au niveau cervical, classifiée également dans les inversions et les postures allongées.

    La reine des posturesLa chandelle est considérée comme la reine des postures. C'est un geste majeur dans la pratique posturale, comme une autre posture inversée, qualifiée de roi des postures : sirsasana, l'équilibre sur la tête.

    Les effets de cette posture sont nombreux et variés :

     

    • Le sens de la circulation du sang et de la pression sur les organes est inversé : le cœur et les poumons bénéficient donc d'un reposLa reine des postures
    • L'action sur le diaphragme est également changée : l’effort se fait sur l'expiration au lieu de se faire sur l’inspiration
    • La pression sur la colonne vertébrale due à notre station debout est libérée
    • Les jambes sont décongestionnées
    • On se sent régénéré, défatigué
    • La thyroïde est stimulée grâce à une meilleure irrigation
    • Enfin, pour les messieurs, la posture aurait un effet sur les problèmes d’éjaculation précoce qui seraient réduits

     En cas d'hypertension, on préférera la charrue. Dans la séance proposée par Marcel, la chandelle sera justement suivie par la charrue avec différentes adaptations.

    La chandelle est classifiée dans les postures allongées car traditionnellement, la prise de la posture se fait à partir de la position allongée sur le dos. Cependant, cela nécessite une bonne tonicité des muscles abdominaux sinon il y a danger pour la région lombaire.

    Marcel nous invite donc à la prendre, de façon plus prudente, à partir de la posture d'apanasana (jambes repliées, genoux vers la poitrine). On peut également la prendre à partir de l'angle droit.

    Si vous n'êtes pas à l'aise dans la chandelle, si vous ne l'avez jamais faite, si elle vous fait peur ou si vous avez de la difficulté à prendre la posture, il est possible de partir les pieds posés en hauteur à plat sur un mur. A partir de là, on pousse sur les pieds pour monter le bassin. Les coudes doivent se rapprocher l'un de l'autre avant de se plier pour offrir un appui des mains sur le bas du dos. Dans cette adaptation, on peut rester les pieds au mur, n'enlever qu'un seul pied.

    La reine des posturesSi la posture n'est pas totalement redressée et que le buste forme un angle avec les jambes, c'est une variante appelée viparita karani (demi+chandelle).

    Au contraire, pour les personnes qui se plaisent dans cette posture et qui sont suffisamment souples, on peut proposer d'ouvrir les jambes latéralement ou de les placer en lotus ou en demi-lotus.

    La symbolique de la posture : Un des objectifs du yoga est de manœuvrer contre les souffrances. Le YS évoque La reine des postures
    5 facteurs menant à la souffrance (kleisas) : l’ignorance ou la confusion mentale, l’égo mal placé, l’attachement, l’aversion et la peur. Symboliquement ces kleisas sont situés dans le bas du ventre et freinent la circulation de l’énergie dans la colonne vertébrale. Symboliquement aussi, l’énergie est une flamme située au niveau du diaphragme. Dans la chandelle et d’autres postures inversées, la flamme est orientée vers les kleisa favorisant leur combustion.

     Pour visualiser la séance en vidéo : Cliquez ici

     

    Accueillir le printempsCrédits photos (Pixabay ©) :

    • Everton Ribas 
    • Clker-Free-Vector-images
    • Graphic Mama-Team

     


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  • Le printemps cette année est précoce mais hésitant, avec quelques retours à la fraîcheur, quelques épisodes pluvieux… Cependant, il est bien de retour. Il suffit d’observer la nature. Pour peu que nous ayons la chance de ne pas vivre en ville, beaucoup d’entre nous avons plus de temps qu’à l’habitude pour cette observation qui pour certains prend des airs de contemplation, voire de méditation. La nature en effet se réveille de la torpeur dans laquelle elle était plongée durant l’hiver et nous offre un beau spectacle : les journées se rallongent, les animaux s’activent, les végétaux germent, éclosent, fleurissent, poussent…

    Accueillir le printemps

    Les changements de saisons sont des périodes clés où se bousculent de nombreuses énergies.  Tout comme la nature qui a tourné au ralenti pendant l’hiver, notre corps s’est comme alourdi, lesté par l’énergie Kapha associée à cette saison. Le foie est encombré par les toxines accumulées pendant l’hiver. Ce dysfonctionnement hépatique explique la fatigue qui se fait sentir au début du printemps, accentuée par le changement d’heure. Le printemps est donc la saison idéale pour relancer le foie et stimuler ses fonctions d’élimination.

    Le printemps est une saison bien particulière du point de vue de nos émotions. En effet, il est bien connu pour être LE bon moment pour relâcher des émotions enfouies profondément, notamment le chagrin et la tristesse.

    Au printemps, on se débarrasse aussi de l’apathie et de la paresse caractéristiques de l’hiver pour puiser une nouvelle énergie, dans la nature et en nous-mêmes.

    Sauf que, cette année, nous vivons un printemps inédit… La situation sanitaire, la peur qu’elle engendre, l’inactivité pour certains, le confinement, la distanciation sociale nous maintiennent dans le filet de Tamas, principe de lourdeur et d’inertie…

    C'est là qu'intervient la pratique du Yoga. Elle nous enseigne l’art de gérer nos propres énergies, de développer une meilleure autonomie, d’harmoniser notre climat intérieur.

    Pour pouvoir accueillir le printemps avec une belle harmonie et une énergie nouvelle, malgré la situation exceptionnelle, je vous propose une séance avec un choix de postures propices à la montée de la sève, à l’accueil, à la stimulation des fonctions digestives, à l’élimination des toxines, au retour de la vitalité du corps et de la sérénité de l’esprit. 

    Accueillir le printempsLa répétition de la posture du lotus (padmasana) ou une de ses variantes et le mudra (geste symbolique) du lotus (padma mudra) nous offrira une symbolique riche. En effet, le lotus vit dans des mares d’eau boueuse. Son rhizome est ancré au fond de l’eau, et au bout de la longue tige, sa fleur s’épanouit majestueusement en surface.  Une telle beauté, qui émerge de l’eau trouble et reste intacte face à l’impureté, symbolise l’éveil spirituel : partir de la boue, de l’obscurité et du miasme de l’ignorance, pour cheminer vers la lumière. Dans les périodes de solitude et de désespoir, padma mudra peut nous aider à développer la compassion, l’acceptation du monde extérieur et nous connecter à notre propre beauté intérieure.

     

    Bonne pratique et vive le printemps !

    NB : Vous aurez besoin d'une brique (ou d'un dictionnaire ou d'une pile de livres) et d'un coussin pour plusieurs temps d'assise (idéalement un coussin qui vous permette d'avoir les genoux en contact avec le sol). La séance est plus longue que d'habitude ; rendez vous disponible pendant 1h50 :-)

    Pour visualiser la séance en vidéo : cliquez ici

    Pour imprimer la séance papierTélécharger « pratique.pdf »

    Le bonus (que l'on doit à Béné) : Blooming flowers

    Accueillir le printempsCrédits photos :

    • Danièle Alingrin,
    • Christine Deroin,
    • Valérie Lestel,
    • Stella Deroin,
    • Graphic Mama-Team (Pixabay ©)

     

     


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  • Pour le yoga, la liberté (kaivalya) c’est sortir de la confusion et aller vers le discernement. C’est de ne plus être assujetti aux choses qui nous masquent la réalité. Mais quelles sont ces choses dont il faut se libérer ?

    Les causes de souffrance (klesa)

    Inhérente au fonctionnement de notre mental, la souffrance prend racine dans le terreau offert par la méprise, l’égo, l’attachement, l’aversion et la peur, les 5 kleisas expliquées au 1er chapitre des Yoga Sutra par Patanjali.

    L’attitude négative face aux obstacles

    Un vent de libertéLes obstacles, en soit, ne sont pas forcément un frein à la liberté. C’est l’attitude que nous adoptons face à ces obstacles - qu’on ne peut éviter au cours d’une vie - qui va entraver notre liberté lorsqu’elle s’exprime de façon négative.

    Les conditionnements

    Les habitudes et les conditionnements, que le yoga désigne sous le nom samskara, nous maintiennent en esclavage. Ils font, eux aussi, partie du fonctionnement de notre mental et à ce titre on ne peut pas s’en affranchir totalement. Cependant, on peut se libérer d’un samskara négatif pour le remplacer par un samskara positif.

    L’identification

    Nous avons tendance à nous identifier à notre corps, à notre mental et à nos émotions. Par exemple, lorsque nous disons « je suis malade » ou « je suis en colère » ou « je suis triste », nous réduisons notre être à notre maladie, à notre colère, à notre tristesse…

    Le yoga reconnait notre être dans la dualité matière (prakriti) et conscience (purusha). C'est de l'identification fallacieuse du Purusha à Prakriti que résulte la souffrance existentielle dans toutes ses expressions.

    La dictature des sens

    Les sens sont très puissants et entravent notre liberté en nous dictant nos actes et en nous menant par le bout duUn vent de liberté nez. Pour illustrer cette dictature des sens, mon formateur, Martyn Neal, m’a relaté une expérience menée dans un supermarché. Deux bacs à chaussettes ont été disposés l’un près de l’autre. Ces bacs contenaient les mêmes articles, au même prix mais dans l’un, les chaussettes avaient été parfumées. L’expérience a démontré que les ventes étaient notablement supérieures pour les chaussettes de ce bac.

    Par Pratyahara, l’assujettissement des sens, le 3ème aspect de l’Ashtanga yoga, le mental peut rester diriger vers l’objectif sans se laisser distraire par les sollicitations.

    Le cercle vicieux du karma

    Un vent de libertéOn a souvent l’impression d’agir en toute liberté mais c’est souvent une illusion : on n’agit pas, on réagit. En effet, les conséquences d’un acte stimulent les causes de nouvelles actions. L’idée du karma sous-entend cela et évoque le cercle, la relation en boucle entre désirs, habitudes, actes, conséquences. Le cercle des actions est dit vertueux lorsque la clarté d’esprit est présente au moment de l’acte : l’action est alors juste. Au contraire, le cercle est dit vicieux, lorsque c’est la confusion qui est présente au moment de l’acte : l’action engendrera des souffrances qui engendreront d’autres actes, etc.

    En conséquence, la liberté ne peut être obtenue qu’en mettant fin à la confusion mentale ; c’est tout l’enjeu du yoga.

    Béatrice Viard, dans son livre « On ne sait pas ce que peut le corps » (paru aux éditons Présence d’Esprit en 2013 – p 100) écrit effectivement :

    « Il me semble que les pratiques du yoga ont d’abord la fonction de nous déconstruire, de désamorcer nos habitudes gestuelles, respiratoires, mentales pour nous redonner de la liberté. Si on écoute simplement ce que dit le yoga, rien de ce qu’il propose ne prend son sens ailleurs que dans ce mot kaivalya, titre du 4ème et dernier chapitre du Yoga Sutra. C’est lui qui doit nous guider dans l’estimation de ce que nous expérimentons. Nous sentons-nous plus libre ?… Si l’on n’a pas cette question au fond de soi, comment se défaire de la propension à l’esclavage qui accompagne nos vies… : la répétition du même, fût-il douloureux, mais qui est rassurante, et le déni de cet enfermement qui verrouille le système. »

    Je vous propose donc, pour cette 3ème semaine de confinement, tandis que certains me confient qu'ils souffrent d'avoir perdu leur liberté de se déplacer habituellement, une pratique de yoga vécue comme un VENT DE LIBERTÉ...

    Cliquez pour visionner la pratique, toujours scindée en 2 vidéos :

     La séance dessinée : Télécharger « Séance un vent de liberté.pdf »


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